Textes

La couleur d’une non-couleur.

Dan Holsbeek (2016)

« La non-figuration et la reconnaissance sensuelle apparaissent répétitivement dans l’œuvre de An Vanderlinden, aussi bien dans son procédé que dans le résultat final. »
« Disparaître et apparaître est un aspect permanent. L’expérience visuelle changeante connaît son expression dans la peinture à l’huile appliquée au pinceau et au couteau à palette : son application s’avère généreuse, irrégulière et rainurée. »

« L’œuvre de An Vanderlinden connaît un mouvement de vagues partant de peintures dominées par le noir, passant à un travail plus clair et plus coloré, pour finalement retourner à un noir quasiment thématique. »
« Le grand changement dans son œuvre récent est l’usage du charbon, comme moyen de travail et comme image, et tout à coup l’apparition de l’image de la Sainte-Barbe. »

« Cette nouvelle phase dans l’œuvre de An Vanderlinden quitte les sentiers de la peinture, mais son langage d’images connaît une expansion du bidimensionnel vers le tridimensionnel. D’abord le bidimensionnel a commencé à être abandonné combinant l’acrylique à la houille concassée. Alors son œuvre prenait une allure d’art matérielle. En plus ses travaux sont souvent présentés avec des objets : des bénitiers remplis de charbon et pourvus d’une plaque murale représentant la Saint Barbe. Des objets sacraux sont devenus des véhicules pour le terrestre et le transcendent, vu le matériel employé. Un élément de tension comparable est aussi inhérent au charbon, qui d’un côté est considéré comme poussiéreux et sale, et d’un autre côté qui est porteur d’une beauté matérielle, principalement là où les structures kaléidoscopiques montrent une richesse vivante de surfaces mates et brillantes. C’est avant tout la caractéristique du noir absorbant la lumière, qui font évanouir les images sur leur chemin vers le rien et, en plus, qui donnent aux personnages une attitude d’être repliés sur soi-même. »

Peintures

Fons De Bleser

« Dans son langage imagé abstrait, l’idéalisation de la forme émeut et l’emploi raffiné de couleurs a supplanté le noir de ses débuts. La force de la composition donne à ses œuvres une vigueur exceptionnelle, naturelle, sans trouvailles artificielles, trouvant la tension exacte pour traduire ses thèmes d’une façon esthétique La richesse picturale de ses couleurs ajoute des accents poétiques qui permettent au spectateur de remplir ses propres rêves. Grâce à des coups de pinceau aisés mais vigoureux ou à de larges couches de couteau, il naît du fond d’elle même une composition équilibrée, subtile et sereine à laquelle sa nature fougueuse n’est pas étrangère. »

E. Boon

« Forme, couleur et la pose des accents créent une atmosphère et constituent un ensemble passionnant, se manifestant comme une forme invitant à partager une opinion, sans l’imposer. L’ œuvre de An est dynamique et exubérante. Les codes personnels, comme la croix et le cercle, dissimulés jadis dans ses peintures, deviennent de plus en plus visibles et renforcent cette expression. La force émouvante qui en ressort vient surtout de l’emploi de couleurs raffinées qui est parfois déconcertant. »